A la jeunesse grecque, à la jeunesse de l'Europe

A la jeunesse grecque, à la jeunesse de l'Europe

Lors d’une réunion extraordinaire du Conseil des présidents et du Comité exécutif du Parti de la Gauche Européenne à Athènes, la GE a déclaré :

Le Parti de la Gauche Européenne s’est rassemblé aujourd’hui à Athènes pour une réunion extraordinaire de son Conseil des présidents et de son Comité exécutif, non seulement pour exprimer sa solidarité inconditionnelle avec la révolte de la jeunesse grecque, avec son parti frère Synaspismos, avec SYRIZA et toutes les forces de la Gauche démocratique, mais également puisque la lutte de la jeunesse, de la communauté éducative et des travailleurs grecques a touché le cœur des citoyens, et notamment des jeunes partout en Europe.
Cependant, la GE préfère mettre l’accent sur ce qui a pu être dévoilé par le mouvement des jeunes en Grèce. En effet, alors que les peuples d’Europe ont luttés pendant des siècles pour de nombreux droits sociaux et démocratiques, la précarité est devenue la norme – un recul de plusieurs décennies. Le démantèlement des droits sociaux et démocratiques ainsi que la hausse du chômage sont à la base de la crise qui touche les institutions, et à la base de la crise démocratique en général.
Les forces actuellement à la tête de l’Union européenne et les forces qui cherchent à jouer un rôle-clé dans le capitalisme globalisé d’aujourd’hui prétendent que la crise financière ne serait qu’un hasard. C’est pourquoi ils réagissent par des aides d’urgence aux banques, tout en restant fidèles aux dogmes néolibéraux du Pacte de stabilité, de la Directive Bolkestein, du Processus de Bologne et de la Stratégie de Lisbonne.
La GE, par contre, est persuadée que la crise est plus profonde : elle connaît des caractéristiques permanentes, provenant des structures de l’économie ainsi que des structures et des valeurs du capitalisme européen et du néolibéralisme mondial sous l’hégémonie des USA.
La crise économique n’est qu’une extension de cette crise plus générale, et se traduit par une grande insécurité sociale qui détruit les rêves et la vie quotidienne des citoyens, notamment des jeunes.
Elle se traduit par une forte intensification des inégalités et des déficits démocratiques, par la destruction de l’environnement, le renforcement des mécanismes répressifs et une escalade de l’agressivité militaire. La guerre meurtrière à Gaza en est un exemple frappant.
La crise de la démocratie, quant à elle, ne se manifest non seulement en un fonctionnement centralisé et bureaucratique des institutions ; elle concerne avant tout l’impossibilité pour les citoyens de développer leurs actions et leurs mouvements, de contrôler les décisions qui, pourtant, affectent profondément leur vie.
La jeunesse en Grèce nous a rappelé, de la manière la plus assourdissante qui soit, que le droit aux rêves n’est pas un luxe superflu, mais qu’il fait partie intégrante de toute société qui veut rester en vie, qui veut rechercher et espérer une vie meilleure que celle des générations précédentes.
Ceux qui se sont précipités à accuser les jeunes de violence et de destruction devraient d’abord arrêter leur hypocrisie, se regarder dans le miroir de leur conscience et accepter leur culpabilité.
Ils devraient répondre à la question de savoir pourquoi le mouvement spontané et inapprivoisé de jeunes aurait dû, malgré tout, susciter une réaction raisonnable de la part de la police.
Pourquoi Alexis Grigoropoulos a-t-il dû être victime de la répression d’un Etat qui, au lieu d’augmenter les ressources disponibles à la nouvelle génération, augmente les dépenses d’armement.
S’ils répondaient honnêtement à ces questions, ils devraient comprendre qui est principalement responsable du fait qu’un jeune policier a été gravement blessé.
Nous ne sommes pas venus en Grèce pour donner des leçons, mais pour écouter, pour apprendre, pour participer à la vision de la génération qui s’est rassemblée dans les rues. Nous sommes ici puisque nous nous préoccupons de l’avenir de la population et de la jeunesse partout en Europe. Nous sommes ici parce que nous voulons exprimer notre solidarité avec la jeunesse grecque, afin de pouvoir répandre les leçons tirées de leur lutte dans nos propres pays. Nous sommes ici puisque nous voulons garantir à la population et à la jeunesse grecque que leurs luttes et leurs visions sont les nôtres, et que nous comprenons la signification du fait de se battre pour nos droits.
Enfin, nous voulons souligner notre engagement à contribuer à la refondation démocratique de l’Europe, à défendre l’espace public de tout citoyen européen, à créer un secteur public qui garantisse des biens sociaux publics, qui se batte pour une croissance économique tourné vers le plein-emploi, à protéger l’environnement et la solidarité.
Nous sommes venus en Grèce afin de garantir que notre objectif actuel et futur consiste à ériger une barrière contre la guerre et à consolider la paix partout dans le monde.
A la jeunesse :
• N’arrêtez pas de rêver, ne cessez pas votre lutte. Ecoutez les messages issus d’une longue tradition de luttes pour la paix, la démocratie et la justice. C’est la richesse qui vous a été léguée à travers les luttes des générations.
• Sur base des idées de l’universalité de la paix, de la démocratie, du socialisme et de l’éradication de toute sorte d’exploitation, la Gauche Européenne vous remet ses meilleures salutations.
• La Gauche Européenne soutient la lutte et les exigence du mouvement de jeunesse en Grèce – exigences qui, en grande partie, correspondent aux exigences de la Gauche partout en Europe.
• Nous soutenons et luttons pour l’amélioration de l’enseignement public et gratuit à tous les niveaux.
• Nous soutenons le plein-emploi, une hausse des salaires et le droit à une vie décente.
• Nous soutenons les luttes pour la protection et le développement de droits démocratiques ainsi que la protection de l’environnement.
• Nous élevons notre voix pour celles et ceux qui n’en ont pas, tels que les réfugiés et les immigrants, et soutenons leur lutte pour le droit à une vie décente.

Chers amis, chers jeunes,
C’est votre droit de vous révolter contre tout ce qui ruine votre vie.
Prenez votre destin en mains !

Athènes, le 17 janvier 2009

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