Arrêtez le blocus de Gaza. Cessez le massacre à Gaza. Baissez les armes !

Arrêtez le blocus de Gaza. Cessez le massacre à Gaza. Baissez les armes !

Résolution des participants au séminaire EL fem, en coopération avec LISA. Leipzig, le 17 et 18 janvier 2009.

Chaque jour, de nouveaux cris de désespoir nous parviennent de Gaza. Le monde entier est témoin de la frayeur, inscrite sur le visage des hommes, des femmes et des enfants. Leur désespoir est palpable. Encerclés et sans aucune possibilité d'échapper aux dangers venant des airs et des mers, ils sont conscients de leur situation : celle de cibles vivantes pour les bombes, les grenades et les armes des agresseurs israéliens. Nous exprimons notre compassion et notre solidarité avec toutes ces personnes qui doivent lutter pour leur survie, en l’absence de suffisamment de nourriture, d’électricité et d’eau potable. Nous partageons les émotions des médecins et des infirmiers qui – faute de pansements, d’analgésiques et de médicaments – font de leur mieux pour assister les mourants et aider les blessés. Nous assistons toutes à une expérience cynique : des forces surarmées tentent de détruire la volonté du peuple palestinien, la volonté d’une vie en liberté. En même temps, nous prenons acte de la douleur et de la consternation exprimées par le mouvement pacifique israélien face à l'hystérie de la guerre, qui rend tant d’israéliens aveugles aux souffrances qu'ils infligent à leurs voisins, aveugles au constat que cette guerre, plutôt que de sauver et de défendre l’avenir israélien comme d’aucuns le prétendent, le détruit un peu plus.
La condition fondamentale d’une résolution durable du conflit israélo-palestinien consiste à baisser les armes ! Cet appel, déjà lancé par le prix Nobel de la paix Bertha von Suttner, est plus véridique que jamais et exprime l'expérience douloureuse de 60 ans marqués par un conflit irrésolu au Proche-Orient.
Le peuple palestinien a besoin d'autodétermination, d'une voix libre, d’un Etat indépendant et viable – d’une réalité donc qui, depuis des décennies, est rendue impossible par l’occupation israélienne. Le peuple israélien a besoin de sécurité. Or, une telle sécurité ne peut être obtenue par la violence, mais uniquement à travers un processus pacifique qui engage toutes les parties concernées : l’Etat israélien, la Palestine ainsi que les autres pays du Moyen-Orient. La violence, par contre, génère la haine ; et la haine dégénère en une spirale sans fin. C’est cette spirale infernale que nous voulons rompre. Raison pour laquelle nous soutenons particulièrement le travail des femmes – palestiniennes et israéliennes – qui, depuis des années, bâtissent des ponts, facilitant ainsi la conclusion d’accords et une compréhension mutuelle. Actuellement, même ces ponts symboliques sont bombardés. Dès lors, nous voulons, nous devons les protéger : ils représentent l’unique chemin de la sagesse, la voie vers une paix tellement nécessaire.
Nous sommes consternées par le rôle des gouvernements de l’UE et de l’Union elle-même face dans cette guerre. A nous donc d’exiger de l'UE d’adapter sa politique au droit international humanitaire, d’abandonner immédiatement toute forme de coopération militaire avec Israël, de suspendre instantanément les négociations autour des accords d'association avec Israël, et de faire pression en vue d’un cessez-le-feu dans la région.
Notre critique est également adressée à l’ONU, une organisation actuellement dominée par les grandes puissances. Nous demandons à l'ONU de jouer un rôle actif, de contribuer à une solution pacifique et de lancer un processus de paix au Moyen-Orient. De même, nous exigeons la mise en oeuvre du cessez-le-feu décidé par le Conseil de sécurité et la fin du blocage de la bande de Gaza.
Une cause principale de l'escalade militaire étant le complexe militaro-industriel ainsi que le travail du lobby international pour l’armement, nous demandons l’arrêt de leur business sanglant.
Nos espoirs sont avec les mouvements de paix et des femmes, et nous comptons sur la bonne volonté de tous les peuples, en vue de créer un climat politique dans lequel les armes et la violence seront remplacées par un dialogue pacifique. Nous offrons notre soutien à tous les activistes pacifiques, aussi bien du côté palestinien qu’israélien. Le chemin sera long et difficile, passant par l'autocritique et l'acceptation « d’autrui », mais la résolution 1325 représente un bon fondement pour le dialogue, en ce sens qu’elle demande que les femmes des mouvements sociaux et de la société civile participent aux pourparlers de leur propre voix.