Des garanties pour l'opposition en Colombie"

Des garanties pour l'opposition en Colombie"

 Suite à l'attentat dont a été la cible dans la ville de Cúcuta, ce vendredi 2 Mars, M. Gustavo Petro, candidat aux élections présidentielles de "Colombia Humana" alors qu'il s'apprêtait à participer à un meeting électoral sur la place centrale de cette ville, ainsi que l'assassinat d'un des sympathisant de ce mouvement dans la région de Guapi; face à la violence exercée contre M. Rodrigo Londoño, candidat présidentiel du nouveau mouvement politique "Frente Alternativa Revolucionario del Común", et l'assassinat de plus de 50 membres de ce mouvement et de 13 membres de leurs familles, le Groupe Amérique latine du Parti de la Gauche européenne réclame des garanties immédiates pour l'opposition politique en Colombie.  

L'Union européenne et ses Etats membres ne peuvent à nouveau observer passivement comment on viole en Colombie le droit à exercer l'opposition politique.

L'Union européenne et ses Etats membres ne peuvent garder un silence complice face au rapport récent de l'Ombudsman colombien (Defensor del Pueblo) qui a dénoncé récemment que 282 défenseurs des Droits de l'Homme, des Droits sociaux ou environnementaux ont été assassinés depuis le 1 janvier 2016, -avec une grande accélération du nombre de ces assassinats durant les deux premiers mois de 2018-, simplement parce qu'ils se sont opposés à l'agenda néolibéral, parce qu'ils ont dénoncé la corruption, parce qu'ils réclament des Droits essentiels. La dimension de ce massacre continu, son caractère systématique, et l'impunité dont jouissent les auteurs mettent en évidence qu'il y a complicité de la part d'instances centrales de l'Etat à haut niveau.

L'Union européenne et ses Etats membres ne peuvent garder un silence complice face au fait que le gouvernement colombien n'a rempli que 18,5 % de ses obligations dérivant de l'accord de paix, et face à l'assassinat, un par un, de ceux qui ont remis leurs armes et se sont engagés pour la paix.
Le Parti de la Gauche Européenne exprime sa totale solidarité avec ceux et celles qui luttent en Colombie pour la justice, les droits sociaux et le respect de l'environnement. Il rappelle à la Commission européenne et aux Etats membres que les Droits de l'Homme et la Démocratie sont des éléments essentiels de l'accord de libre-commerce passé entre l'Union européenne, la Colombie, le Pérou, et l'Equateur et exige que ces élements soient respectés, ou que soit suspendue l'application provisoire de cet accord.

Il demande à l'Union européenne et aux Etats membres de faire pression sur le Gouvernement de Colombie dans le cadre de leurs relations bilatérales, et au sein des Nations-Unies, pour qu'il remplisse  ses obligations en matière de Démocratie, de Droits de l'Homme, ainsi que ses obligations découlant de l'Accord de Paix.

Il demande aussi à tous ses partis membres dans les différents pays européens de travailler dans cette direction.